Jusqu'à la fin du 18ème siècle, les mesures étaient d'une extrême diversité. Des mesures de même nature et de valeurs voisines avaient des appellations différentes selon les provinces, voire les villes ou les villages d'une même région. A l'inverse, le contenu physique de mesures de même nom différait en général selon les lieux et aussi selon la corporation intéressée ou l'objet mesuré
La nécessité de mesurer s'est alors fait ressentir autour de deux besoins :

les déplacements afin de repérer sa position dans l'espace

le commerce afin de garantir la loyauté des échanges
En 1789, la plupart des cahiers de doléances demandent l'uniformisation des poids et mesures : l'incohérence et la multiplicité des anciens systèmes sont l'œuvre de la féodalité.
« Un roi, une loi, un poids et une mesure ! »
Il a donc fallu inventer les différentes unités (mètre et kilogramme notamment) utiles au commerce. L'évêque député Talleyrand proposa, afin que ces nouvelles unités fussent acceptées par tous, qu'elles respectent le principe suivant :
« Les unités ne devront présenter rien d'arbitraire, ni de particulier, à la situation d'aucun peuple sur la terre »
Après réflexion, il fut décidé que le mètre aurait pour définition :
« Le mètre est égal à la dix millionième partie du quart du méridien terrestre »
Il fallut près de 7 ans à deux astronomes de l'époque, Delambre et Méchain, pour mesurer une partie de méridien terrestre entre Dunkerque et Barcelone, mesure qui permit de réaliser un étalon matérialisant la définition du mètre. Depuis cette époque, le mètre en est à sa quatrième définition :
« Le mètre est égal à la distance parcourue dans le vide par la lumière en une durée de 1 / 299 792 458 seconde »
Evidemment, toutes les autres unités du système international s'appuient sur des définitions de ce type sauf le kilogramme qui reste, à ce jour, basé sur un prototype international (le K2) fabriqué en 1872 et dont des copies ont été données aux différents pays constituants la Commission Internationale des Poids et Mesures
Très rapidement, et afin de répondre aux aspirations du peuple - avoir confiance dans les résultats de mesure - l'état a mis en place un service, la Métrologie Légale, chargé de garantir l'honnêteté des échanges commerciaux et l'égalité des citoyens devant les résultats de mesure. Ainsi, tous les instruments intervenant dans le cadre de transactions commerciales font l'objet de vérifications périodiques exécutées suivant des décrets applicables partout en France. Ces vérifications ont pour objectif de s'assurer que les instruments (juste les instruments !) restent dans les limites fixées par leur décret respectif
Plus personne aujourd'hui ne doute des résultats de mesure. Dans notre inconscient collectif, la valeur mesurée est devenue la valeur vraie
La métrologie légale a donc accompli sa mission avec succès
Mais les objectifs de la Métrologie Légale et de la Métrologie Industrielle sont-ils les mêmes ?
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